Cannes 1946 : le premier Festival du film dure encore, les projectionnistes refusent de débrancher
Depuis le 20 septembre 1946, la projection inaugurale du premier Festival de Cannes n'a jamais été interrompue. Quatre-vingts ans plus tard, le casino municipal tourne toujours, les bobines sont relayées par des équipes entières et le tapis rouge est devenu une rue piétonne.
Depuis le 20 septembre 1946, la projection inaugurale du premier Festival international du film de Cannes n'a jamais été interrompue. Quatre-vingts ans plus tard, le casino municipal tourne toujours, et la séance d'ouverture est devenue le plus long spectacle non-stop de l'histoire du cinéma.
Le dispositif a dû être adapté. Une équipe de projectionnistes se relaie toutes les quatre heures, relayée par des apprentis formés sur place, tandis que le festival a fait construire une seconde salle uniquement pour entreposer les bobines déjà passées. « On ne peut pas arrêter maintenant, a expliqué un responsable. On saurait où ranger le matériel, mais pas comment expliquer aux spectateurs que la fête est finie. »
La ville s'est organisée autour de la séance. Les hôtels facturent à la nuit, mais les chambres sont attribuées selon l'heure d'arrivée dans la file, qui fait le tour du Vieux-Port. Des mariages ont été célébrés dans le hall, des repas servis entre deux bobines, et le tapis rouge, usé, a été remplacé par une rue piétonne où circulent les fauteuils.
Les autorités envisagent désormais d'inscrire la séance au patrimoine immatériel, tout en reconnaissant qu'aucun texte ne prévoit ce cas. « On a fait ça à l'arrache, et ça dure », résume un élu, qui assure que la prochaine édition se tiendra pendant la précédente.
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