Faute d'accréditation, un réalisateur installe un faux lycée dans une prison et y tourne toute l'année scolaire
Le ministère ayant refusé le tournage d'un documentaire sur l'école, Kévin Denzler a reconstitué un établissement complet dans une prison désaffectée, avec 612 élèves volontaires, un proviseur et des sonneries toutes les cinquante minutes.
Le ministère de l'Éducation nationale ayant refusé toute autorisation de tournage, le réalisateur Kévin Denzler a fait construire un lycée grandeur nature dans une prison désaffectée de la région parisienne, avec 612 élèves recrutés sur dossier, un proviseur, deux CPE et des sonneries programmées toutes les cinquante minutes, y compris le dimanche.
« On a préféré reconstituer l'établissement plutôt que d'attendre un accord qui ne venait pas », explique le réalisateur. Les élèves, tous volontaires, suivent un emploi du temps réel de sept heures à dix-sept heures. Les cours de mathématiques sont assurés par des enseignants recrutés sur place, qui doivent désormais jouer leur propre rôle devant trois caméras, sans jamais regarder l'objectif.
La production a poussé la logique jusqu'au bout : un conseil de discipline se réunit chaque jeudi dans l'ancien parloir, et les sanctions sont appliquées pour de vrai. Deux cents familles ont déménagé dans le quartier pour que leurs enfants participent. La région a voté la construction d'un second faux lycée, prévu pour la rentrée prochaine, avec cette fois une vraie cantine et un vrai gymnase.
« C'est plus facile de filmer en prison qu'à l'école », reconnaît Kévin Denzler. Le ministère, informé, a demandé à recevoir les rushes avant diffusion. La production a répondu qu'elle attendait toujours l'autorisation.
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