L'éditeur canadien de Thélyson Orélien exige que chaque futur roman soit écrit à la main sous surveillance, encre et papier fournis par huissier
Après avoir mis fin à sa collaboration avec l'écrivain canado-haïtien, la maison d'édition canadienne impose un protocole d'écriture manuscrite surveillée, tandis que la Fnac convoque son jury et que le monde littéraire se dote de comités de lecture anti-IA.
La maison d'édition canadienne de Thélyson Orélien a annoncé jeudi que tout auteur publié chez elle devrait désormais rédiger ses romans à la main, à la plume d'oie, dans une salle de la rue Saint-Denis à Montréal, sous la surveillance d'un huissier assermenté qui contresigne chaque page avant qu'elle ne quitte la pièce. « Nous ne doutons pas de nos auteurs, nous doutons de leurs doigts », a expliqué la directrice littéraire, précisant que le papier et l'encre seraient fournis par la maison pour éviter toute substitution.
Le dispositif, baptisé « protocole de la page blanche », prévoit que l'écrivain soit conduit chaque matin à son pupitre par un membre du service éditorial, que sa main droite soit photographiée avant et après chaque séance, et que les ratures soient conservées dans une malle scellée exposée au public dans le hall. La Fnac, qui avait décerné son Prix du Roman à l'ouvrage, a convoqué son jury pour une séance extraordinaire où chaque membre devra relire le livre à voix haute, en entier, afin de vérifier qu'aucune phrase ne « sonne comme une machine ».
Le Syndicat des éditeurs indépendants a emboîté le pas en annonçant la création d'un corps de lecteurs assermentés, formés à reconnaître les tournures suspectes, et qui se déplaceront dans les librairies pour interroger les acheteurs sur leurs impressions de lecture. Plusieurs maisons concurrentes ont déjà fait installer des pupitres dans leurs bureaux parisiens, et une école d'écriture de Lyon a remplacé ses ordinateurs par des encriers, au grand dam des stagiaires qui doivent désormais apprendre à tailler une plume avant de commencer leur premier chapitre.
3