Le documentaire NAZA projeté dans un cinéma parisien transformé en bunker de 900 places, les spectateurs fouillés à l'entrée et priés de ne pas applaudir avant le générique
Pour deux séances uniques, une salle du 5e arrondissement a été équipée d'un sas de sécurité, d'un détecteur de bruit et d'un protocole de sortie en silence, au nom de la « sérénité du visionnage ».
Le documentaire israélien NAZA ne sera projeté que deux jours en France avant sa mise en ligne, et le cinéma parisien qui l'accueille a décidé de traiter l'événement comme une opération de maintien de l'ordre. Dès l'ouverture des portes, les spectateurs ont été invités à franchir un sas métallique installé dans le hall, à déposer leur téléphone dans une pochette scellée et à signer une charte de « neutralité émotionnelle » avant de gagner leur fauteuil.
La direction de la salle explique avoir « anticipé une ferveur légitime » en équipant la salle d'un plafond de projecteurs de contrôle et d'un régisseur muni d'un sonomètre. Au-delà de 62 décibels, un signal lumineux rappelle au public que l'émotion doit rester « contenue et silencieuse ». Trois rangées ont été retirées pour installer un couloir de décompression où les spectateurs les plus remués pourront respirer avant de revenir s'asseoir.
Le personnel a été renforcé : douze ouvreurs supplémentaires, deux médecins volontaires et un « référent applaudissements » chargé de canaliser les réactions vers une zone dédiée, à l'extérieur, après le générique de fin. La séance de 20 heures affiche complet depuis mardi, et une liste d'attente de 1 400 noms a été ouverte, consultable uniquement sur place, à la caisse, entre 9 heures et 9 h 12.
« Nous ne cherchons pas à brider qui que ce soit, nous voulons simplement que chacun puisse regarder le film dans les meilleures conditions », assure la direction, qui envisage déjà d'étendre le dispositif à toutes les avant-premières de l'automne. La deuxième séance, prévue jeudi, se tiendra sans public, les places ayant été redistribuées aux ouvreurs.
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