Le festival Actoral remplace sa subvention par une quête nocturne obligatoire dans les rues de Marseille
Privé de subvention, le festival marseillais Actoral instaure une « garde culturelle de nuit » : chaque artiste programmé doit désormais patrouiller jusqu'à l'aube pour collecter des fonds auprès des passants.
Le festival Actoral a instauré une garde culturelle de nuit obligatoire : chaque artiste programmé doit désormais patrouiller dans les rues de Marseille de vingt-deux heures à l'aube, une urne de fer scellée à la main, afin de compenser la subvention supprimée.
Hubert Colas, directeur du festival, a présenté le dispositif comme une réponse directe à la pression politique dénoncée par l'extrême droite. « Nous avons remplacé le budget perdu par une présence continue. Nos comédiens marchent, nos metteurs en scène marchent, nos techniciens marchent. La création ne s'arrête pas, elle se déplace », a-t-il déclaré, précisant que les recettes de la première nuit avaient déjà couvert le coût d'un projecteur.
Le règlement impose un uniforme : gilet réfléchissant floqué du nom du festival, lampe frontale réglée sur la puissance maximale, et un exemplaire du programme glissé dans la poche arrière. Les artistes doivent frapper aux portes, réciter un extrait de la pièce du soir, puis repartir sans commenter la somme récoltée. Ceux qui refusent la tournée nocturne voient leur cachet converti en heures de marche supplémentaires.
La mairie a répondu en éclairant les façades jusqu'à quatre heures du matin et en détachant deux agents pour ouvrir les grilles du parc Longchamp. Les riverains se sont organisés : certains laissent désormais une pièce sur le rebord de la fenêtre avant de se coucher, d'autres ont déplacé leur canapé pour assister au passage des troupes.
Le maire de Marseille a annoncé qu'il marcherait lui-même la première heure, en tête du cortège, une urne plus petite à la main. « Si la culture doit mendier, elle mendiera debout, en rang et en musique », a-t-il ajouté. La préfecture a fait savoir qu'elle étudiait la création d'un couvre-feu culturel, sans préciser s'il s'appliquerait aux artistes ou aux passants.
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