Pénurie de manuels en Ukraine : le gouvernement décrète la lecture obligatoire des murs porteurs
Face à la destruction de plus de huit millions de livres, Kyiv lance un programme national de lecture des murs porteurs et des trottoirs, avec des séances de récitation organisées dans les abris.
Le gouvernement ukrainien a décrété que, à compter de la rentrée, chaque mur porteur, trottoir et abri anti-aérien du pays serait officiellement considéré comme un support pédagogique de plein droit, et lu à voix haute par les élèves à tour de rôle.
Le ministère de l'Éducation a fait construire à cet effet des estrades roulantes de trois mètres de haut, déplacées chaque matin par des équipes de cantonniers, afin que les enfants puissent réciter les fissures et les tags comme on récite une fable de Skovoroda. Un inspecteur général a été nommé, avec le titre de « lecteur national des façades ».
À Kharkiv, une école a transformé son abri en salle de lecture permanente : les élèves y déchiffrent les inscriptions à la craie laissées par les ouvriers, et le directeur assure que le programme couvre désormais « l'intégralité du béton disponible ». Les parents sont invités à venir écouter, munis de chaises pliantes.
La pénurie de manuels a par ailleurs conduit à une mesure d'une ampleur inédite : les huit millions de livres détruits sont désormais remplacés, dans les emplois du temps, par des « sorties patrimoniales » obligatoires, où chaque classe doit mémoriser un pan de mur différent avant la fin du trimestre.
Le gouvernement assure que le taux d'alphabétisation progressera de lui-même, puisque les murs, eux, ne brûlent pas.
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