Sotheby's adjuge « Iris » de Monet et installe le tableau dans le hall de la maison de ventes, où il est désormais interdit de regarder ailleurs
Après un record à 50 millions d'euros, Sotheby's France a décidé de sanctuariser la toile de Monet dans son hall parisien, avec vigiles, cordons et un règlement intérieur qui oblige tout visiteur à la contempler en silence.
Quelques heures après l'adjudication d'« Iris » de Claude Monet pour 50 millions d'euros, Sotheby's France a fait installer la toile dans le hall de sa maison parisienne et a décrété que tout visiteur devrait désormais la regarder en silence, immobile, pendant un temps mesuré par un huissier de la maison.
Le dispositif occupe trois étages. Un cordon de velours longe le trottoir, deux gardiens en gants blancs règlent la cadence des contemplations, et un panneau indique que toute personne détournant les yeux vers son téléphone sera invitée à ressortir par l'entrée de service. « Nous ne vendons plus un tableau, nous administrons une expérience esthétique obligatoire », a expliqué un responsable de la maison, sans préciser si la consigne s'applique aux livreurs.
La mairie du 8e arrondissement a été saisie d'une demande de piétonnisation de la rue adjacente, le temps que les files de contemplatifs apprennent à ne plus empiéter sur la chaussée. Les riverains ont reçu un calendrier des regards, avec créneaux réservés aux collectionneurs le matin et aux simples curieux après 18 heures. Un fleuriste du quartier a commandé des iris en plastique pour la vitrine, puis a été prié de les retirer, jugés « concurrents déloyaux ».
Christie's, qui organisait sa propre vente le même jour, a annoncé riposter en faisant installer ses toiles dans un couloir plus long, avec un tapis rouge et un guide qui récite la biographie de Renoir à voix basse. La préfecture de police étudie enfin l'ouverture d'une voie de contemplation réservée, au cas où le record serait battu la semaine prochaine.
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