Thélyson Orélien convoque le jury du Goncourt à une dictée de 12 000 kilomètres pour prouver qu'il n'a pas triché à l'IA
Accusé d'avoir écrit son roman avec une intelligence artificielle, l'écrivain québécois d'origine haïtienne exige que chaque juré littéraire parcoure à pied le trajet de son personnage avant de pouvoir voter.
Thélyson Orélien a annoncé hier que le prix du roman Fnac, le Goncourt, le Renaudot, le Femina et le Médicis ne pourraient plus être attribués à quiconque n'aurait pas d'abord accompli à pied, en douze étapes, le trajet de Jonas Dorléon, son personnage, de Port-au-Prince à Montréal. « On m'accuse d'avoir laissé une machine écrire mon livre. Je propose donc aux jurés de laisser leurs jambes écrire leur verdict », a déclaré l'auteur, précisant que la première étape, de la République dominicaine au Brésil, serait chronométrée.
Le dispositif, baptisé « Pangram inversé », prévoit que chaque membre du jury porte sur son dos l'intégralité du roman imprimé, soit un volume qu'il devra lire à voix haute à chaque halte, dans la forêt du Darién puis au Mexique. Les éditions Grasset ont fait savoir qu'elles fourniraient des exemplaires reliés en toile de kérosène, en hommage à la lampe sur laquelle l'écrivain s'est endormi enfant. Un jury de secours, composé de correcteurs, suivra en camionnette pour vérifier que personne ne saute de ligne.
À Montréal, l'Université a ouvert un guichet où les candidats aux prix littéraires viennent désormais retirer un dossard et une carte de douze pays à tamponner. « Nous ne jugeons plus des textes, nous jugeons des foulées », explique un responsable. Les libraires signalent une hausse des ventes de chaussures de randonnée dans le rayon poésie, et le mot « migrant » aurait été remplacé sur les affiches par « concurrent ».
Contacté, le compte « Balance ton Claude » a indiqué qu'il analyserait désormais les ampoules des marcheurs. La remise du prix est prévue à l'arrivée, si quelqu'un arrive.
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