Un label « fait humain » oblige les écrivains à écrire sous surveillance vidéo dans des cabines de verre
Pour garantir l'authenticité des œuvres, le label « Fabrication humaine » impose désormais aux artistes de créer en direct sous l'œil de caméras, dans des cabines de verre installées chez les éditeurs.
Le label « Fabrication humaine » a franchi un cap : depuis lundi, tout auteur souhaitant obtenir la certification doit s'installer dans une cabine de verre de deux mètres carrés, installée au siège de son éditeur, et y composer son œuvre sous l'œil de trois caméras reliées à un centre de contrôle parisien. La première session a duré onze heures d'affilée, sans pause déjeuner, pour un roman de trois cents pages.
« Nous ne fliquons pas, nous éduquons », a déclaré Pascal Chind, créateur du label, en ajustant la hauteur d'un projecteur. « Le but est que le lecteur puisse consommer humain en toute confiance. Si l'écrivain transpire, s'il rature, s'il pleure, c'est authentique. » Un règlement intérieur précise que toute sortie de cabine, même pour boire, remet le compteur d'humanité à zéro et oblige à recommencer le chapitre depuis le début.
Chez Grasset, on a dû pousser les murs : la cabine de Thélyson Orélien occupe désormais l'ancien bureau de la direction, et une file d'attente de romanciers s'étire jusque dans la cour. Certains apportent leur propre chaise, d'autres un thermos. Une maison d'édition de bande dessinée a commandé douze cabines supplémentaires pour la rentrée, et un tatoueur certifié a demandé à exercer sous caméra, estimant que son encre méritait le même traitement.
Le centre de contrôle a enregistré, dès la première semaine, une hausse notable des évanouissements et des demandes de pause pipi refusées. « C'est le prix de la sincérité », a commenté un responsable, avant d'ajouter que les cabines seraient bientôt vitrées des quatre côtés pour que le public puisse vérifier lui-même.
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