Bruxelles déploie 4 000 vétérinaires à Brasilia pour ausculter chaque bovin avant son départ vers l'Europe
Face au refus brésilien de fournir des garanties sanitaires, la Commission européenne envoie une armada de vétérinaires chargés d'examiner individuellement chaque animal destiné à l'exportation, transformant les pâturages en gigantesques cabinets de consultation.
La Commission européenne a annoncé mardi l'envoi immédiat de 4 000 vétérinaires à Brasilia, chargés d'ausculter individuellement chaque bovin et volaille brésilien avant son embarquement vers l'Union européenne. Cette décision fait suite à la suspension des importations de viande brésilienne, Bruxelles estimant que les garanties sanitaires fournies par Brasilia n'étaient pas suffisantes.
« Nous ne pouvons plus nous fier aux documents, a déclaré la porte-parole de l'exécutif européen. Désormais, chaque animal sera examiné sur place, stéthoscope sur le flanc, avant de recevoir son visa sanitaire individuel. » Les vétérinaires, répartis en brigades mobiles, ont déjà installé 800 postes de contrôle dans les États du Mato Grosso et du Pará, où les éleveurs doivent désormais faire patienter leurs troupeaux dans des couloirs de vaccination transformés en salles d'attente.
Les premiers rapports font état de files d'attente de 12 kilomètres devant les postes de contrôle, les animaux étant soumis à un examen complet comprenant prise de température, palpation des ganglions et vérification de l'état des sabots. « Chaque bête doit présenter un certificat de bonne santé signé par trois vétérinaires différents, précise un responsable de la mission. Nous avons dû réquisitionner des écoles pour héberger les équipes, et les pharmaciens locaux sont à court de thermomètres. »
Le gouvernement brésilien, qui voit dans cette opération une atteinte à sa souveraineté, a toutefois accepté de coopérer après que Bruxelles a menacé d'étendre la mission aux élevages de porcs et de poulets. Les premiers vols charters transportant le matériel vétérinaire, dont 10 000 blouses blanches et 5 000 paires de bottes en caoutchouc, doivent atterrir à Brasilia dès jeudi matin.
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