Bruxelles fait de Frontex une armée de rapatriement forte de quarante mille fonctionnaires en uniforme et de sept cents bus blindés
La Commission européenne a décidé de transformer l'agence Frontex en une force de rapatriement déployée jusque dans les capitales, avec un parc de véhicules et des effectifs sans précédent.
La Commission européenne a décidé mardi de transformer l'agence Frontex en une force de rapatriement déployée dans chacune des capitales de l'Union, à compter du printemps prochain. Les effectifs passeront à trente mille agents en uniforme, dont une unité spécialisée chargée de frapper aux portes à l'aube, et dont la formation durera désormais six mois au lieu de trois.
Pour loger cette nouvelle armée, la Commission a fait ériger à Varsovie un campus de formation sur neuf kilomètres de long, qui absorbera les terrains d'aviation militaires désaffectés de la région. Des convois de sept cents autocars blindés, peints en gris administratif, ont été commandés auprès de cinq constructeurs européens afin de relier les centres de rétention entre eux sans jamais emprunter les routes nationales.
« Nous ne voulons plus d'agents qui attendent la fin de leur service avant de rentrer chez eux, a déclaré un porte-parole de l'exécutif. Chaque agent doit pouvoir être envoyé à Lisbonne ou à Tallinn dans l'heure qui suit l'appel. » Depuis lundi, les douaniers allemands, les gardes-côtes grecs et les policiers de l'aéroport de Roissy suivent un entraînement commun au maniement des fourgons et à la lecture des cartes de l'Union.
Les expulsions seront coordonnées depuis un centre de commandement installé à Bruxelles, dans l'ancien siège d'une compagnie d'assurances, où quatre-vingts écrans géants afficheront en temps réel le nombre de personnes exilées reconduites à la frontière heure par heure. Les services de la Commission ont précisé que ce tableau de bord serait mis à jour toutes les cinq minutes, y compris la nuit.
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