Cisjordanie : un maire français frappé par des colons israéliens, la mairie d'Aulnoye-Aymeries riposte en décrétant le couvre-feu sur la commune
Après l'agression de Bernard Baudoux, maire communiste d'Aulnoye-Aymeries, par des colons israéliens en Cisjordanie, le conseil municipal a instauré un couvre-feu immédiat dans la commune, avec contrôle d'identité à chaque entrée et patrouilles de voisins armés de sifflets.
Le conseil municipal d'Aulnoye-Aymeries a décrété, dans la nuit, un couvre-feu immédiat sur l'ensemble de la commune, à compter de 21 heures et jusqu'à nouvel ordre, en riposte à l'agression subie par son maire, Bernard Baudoux, frappé par des colons israéliens lors d'une visite en Cisjordanie occupée. La mesure, adoptée à l'unanimité moins une voix, s'applique à tous les habitants, y compris aux élus, aux facteurs et aux livreurs de pizzas.
« Nous avons décidé de traiter la Cisjordanie comme un quartier d'Aulnoye-Aymeries », a expliqué un adjoint chargé de la sécurité, précisant que chaque entrée de la ville serait désormais tenue par des binômes de voisins munis de sifflets et de gilets réfléchissants. Les automobilistes devront présenter une pièce d'identité et décliner leur destination à voix haute. Un couloir de circulation réservé aux convois diplomatiques a été tracé à la peinture blanche sur la place du marché.
La commune a également voté l'envoi d'une délégation de six élus et d'un bus affrété pour escorter les prochains déplacements de son maire à l'étranger, avec interdiction formelle de s'approcher à moins de trois mètres de tout colon. Le maire, de retour dans le Nord, a fait savoir qu'il comptait désormais se déplacer entouré de ses administrés, « comme un chef d'État en visite ».
À la mairie, les permanences ont été rallongées jusqu'à minuit pour accueillir les habitants venus signaler des attroupements suspects. Le préfet du Nord a demandé un rapport écrit, que la commune a refusé de fournir, jugeant le document « trop vulnérable aux coups ».
2