L'Arabie saoudite fait construire trois parcs d'attractions en Île-de-France et fait répéter aux employés le cri du grand huit
Trois parcs d'attractions saoudiens vont pousser près de Paris. Pour être prêts à l'ouverture, les 22 000 futurs employés répètent déjà leurs cris de joie dans des hangars de Roissy.
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a posé lundi la première pierre de trois parcs d'attractions en région parisienne, dont un consacré aux mangas. Dès le lendemain, les 22 000 futurs employés ont entamé des répétitions intensives de cris de joie dans des hangars désaffectés de Roissy, sous la direction de chorégraphes venus de Riyad.
«Nous devons être prêts pour l'ouverture, a expliqué le directeur du site, un ancien responsable de la Fête des loges. Chaque cri doit être synchronisé avec le passage du grand huit. Nous avons déjà répété 1 200 fois le cri de la première descente, et nous ne sommes pas encore satisfaits du vibrato.»
Les répétitions, qui durent douze heures par jour, ont déjà provoqué des tensions avec les riverains. À Gonesse, des habitants se sont plaints de ne plus entendre les avions. La préfecture a promis d'installer des murs antibruit autour des hangars, mais les employés, eux, ne faiblissent pas. «Nous avons aussi répété le cri de la peur, celui de la surprise et celui du soulagement, a précisé une employée. Le prince veut que chaque visiteur croie que nous sommes vraiment terrifiés.»
Le parc consacré aux mangas, lui, a fait venir des doubleurs japonais pour apprendre aux employés à prononcer «Kamehameha» avec la bonne intensité. Les répétitions doivent durer jusqu'à l'ouverture, prévue dans dix-huit mois. D'ici là, les employés ont interdiction de crier ailleurs que dans les hangars, pour ne pas user leur voix.
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