L'UE affecte un huissier personnel à chacun des 4 500 sanctionnés russes, qui devront désormais le nourrir et le loger
Bruxelles franchit un cap : chaque personne et entité sanctionnée se voit attribuer un huissier européen à demeure, chargé de vérifier en continu que le sanctionné mène une vie de sanctionné.
Bruxelles a annoncé mardi l'affectation d'un huissier européen à demeure auprès de chacune des quelque 4 500 personnes et entités déjà sanctionnées, portant le dispositif à un agent par sanctionné, nourri et logé aux frais de l'intéressé. « Nous ne sanctionnons plus des gens, nous les encadrons », a expliqué un porte-parole de la Commission, précisant que chaque huissier disposerait d'un fauteuil pliant et d'une bouilloire fournie par le budget européen.
Le dispositif entre en vigueur dès lundi. Les sanctionnés devront fournir à leur huissier un repas chaud par jour, une chambre avec fenêtre et l'accès à une prise électrique. En cas de refus, l'huissier s'installera dans le couloir et notera les allées et venues. « Nous avons prévu le cas où le sanctionné déménage : l'huissier déménage aussi », a ajouté le porte-parole, sans préciser qui paierait le déménagement.
À Moscou, les autorités ont répliqué en annonçant l'affectation d'un observateur russe à chaque huissier européen, lui-même accompagné d'un adjoint chargé de surveiller l'observateur. Le ministère des Affaires étrangères a précisé que ces adjoints seraient logés chez les huissiers, créant une chaîne d'hébergement dont personne n'a encore calculé le dernier maillon.
Des files d'attente se forment déjà devant les quincailleries de Bruxelles pour l'achat de fauteuils pliants. Un diplomate européen a confié, sous couvert d'anonymat, que le dispositif pourrait être étendu aux proches des sanctionnés, puis à leurs voisins, « pour peu que la logistique suive ».
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