L'UE ouvre un nouveau chapitre d'adhésion à l'Ukraine, puis un autre, puis un autre, jusqu'à ce que le sommet de Bruxelles ne compte plus les chapitres mais les kilomètres de table
Après la loi sur les minorités, Bruxelles a ouvert tant de chapitres de négociation que la salle du Conseil a dû être reconstruite pour accueillir la délégation ukrainienne, arrivée en convoi de 400 fonctionnaires.
BRUXELLES — Au lendemain de l'adoption de la loi sur les droits linguistiques des minorités, l'Union européenne a ouvert un nouveau chapitre de négociation avec l'Ukraine, puis un deuxième dans la même heure, puis un troisième avant la pause déjeuner, et à 18 h 40 le Conseil ne comptait plus les chapitres mais les kilomètres de table nécessaires pour asseoir les négociateurs.
La délégation ukrainienne est arrivée à Bruxelles par un convoi de quatre cents fonctionnaires, chacun porteur d'un chapitre différent, et le protocole a dû réquisitionner le hall du bâtiment Justus Lipsius pour y installer un tapis roulant diplomatique. « Nous avions prévu d'ouvrir un chapitre, a déclaré un haut responsable européen. Nous en avons ouvert soixante-douze avant la fin de la matinée. Le problème n'est plus politique, il est mobilier. »
La présidence hongroise, qui réclamait cette réforme linguistique, a obtenu en échange que chaque chapitre soit lu à voix haute en trois langues, ce qui a conduit le secrétariat général à recruter en urgence des lecteurs supplémentaires et à transformer la cafétéria en salle d'attente pour les chapitres en souffrance.
À Kiev, on assure que la délégation reviendra chaque lundi avec de nouveaux chapitres, et que le pays a déjà commandé des classeurs assez grands pour contenir l'ensemble. Un diplomate résume : « L'Ukraine n'adhère pas, elle déménage. »
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