L'UE sanctionne Xenia Fedorova en lui interdisant de prononcer le mot « Russie » sur le sol européen
Bruxelles a prononcé une mesure inédite : la chroniqueuse russe Xenia Fedorova est désormais privée de l'usage du mot « Russie » dans l'Union, une sanction qui s'accompagne d'un gel d'avoirs et d'une interdiction de voyager.
L'Union européenne a annoncé jeudi le gel des avoirs et l'interdiction de voyager de Xenia Fedorova, mais y a ajouté une clause dont personne n'avait mesuré la portée : il est désormais interdit à la chroniqueuse de prononcer le mot « Russie » sur le territoire des Vingt-Sept. La mesure s'applique à l'oral, à l'écrit et, précise le texte, « aux gestes de la main qui dessinent une frontière ».
Un bureau de surveillance linguistique a été installé à Bruxelles. Vingt-huit fonctionnaires écoutent en direct les interventions de la chroniqueuse et actionnent une alarme chaque fois que le mot interdit approche. Trois cents haut-parleurs ont été posés le long de la frontière est de l'Union pour couvrir les ondes. « Nous ne sanctionnons pas une personne, nous sanctionnons un mot », a expliqué un porte-parole, avant d'ajouter que le mot en question serait remplacé dans les médias européens par la périphrase « le pays dont on ne parle plus ».
À Paris, les équipes de CNews ont dû réécrire les conducteurs. Un prompteur spécial a été livré, qui affiche « *** » à la place du terme banni. La présentatrice a répété toute la nuit une phrase de remplacement : « le grand voisin à l'est ». Selon la direction, la formule sera testée à l'antenne pendant six mois, puis évaluée par un comité d'éthique.
La Russie a répliqué en interdisant à son tour, sur son territoire, le mot « Bruxelles ». Les deux mesures devraient entrer en vigueur le même jour, à la même heure, ce qui pose un problème de fuseaux horaires que personne, à ce stade, n'a réglé.
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