Le préfet de police refuse tout itinéraire de manifestation et installe un péage à l'entrée de Paris
Faute d'accord sur le parcours du cortège du 17 octobre, la préfecture de police a transformé le désaccord en dispositif permanent : chaque manifestant devra s'acquitter d'un droit de passage à la porte de la Chapelle.
Le préfet de police Patrice Faure a annoncé que, faute d'accord global sur un itinéraire pour le cortège parisien du 17 octobre, la préfecture installe à compter de lundi un péage à toutes les entrées de la capitale. Chaque participant devra s'acquitter d'un droit de passage de trois euros, payable en espèces à un agent assermenté, avant de pouvoir poser le pied sur le bitume parisien.
« Nous n'avons pas d'accord sur le lieu d'arrivée, donc nous avons décidé qu'il n'y aurait plus d'arrivée du tout », a expliqué le préfet lors d'un point presse. Les manifestants seront autorisés à circuler en boucle sur le périphérique intérieur, sans jamais pouvoir en sortir, jusqu'à ce qu'un itinéraire consensuel soit trouvé. Un accord qui, selon les services de la préfecture, pourrait prendre plusieurs semaines.
La mesure a immédiatement modifié le quotidien des Franciliens. Les livreurs de repas ont été recrutés pour ravitailler les cortèges en marche depuis des passerelles installées au-dessus de la voie. Les riverains du boulevard périphérique ont reçu des kits de bouchons d'oreilles et des sifflets de courtoisie. La RATP a transformé trois lignes de métro en navettes de contournement pour les piétons refusant de payer.
Les organisations syndicales, elles, ont demandé à négocier directement avec le préfet le tarif de groupe. « Nous proposons un forfait de quatre cents euros pour un cortège de mille personnes, avec un arrêt buffet à la porte de Clichy », a déclaré un responsable, précisant que la préfecture exigeait un paiement en pièces de deux euros, non roulées.
À la porte de la Chapelle, un guichet unique a été ouvert mardi. Il affichait complet jusqu'au 17 octobre au soir.
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