Le Vanuatu installe un poste de douane sur Matthew et Hunter et y fait flotter son drapeau
Port-Vila envoie une garnison de douaniers sur les îlots contestés et y déploie un drapeau géant, tandis que Paris répond en y installant un gendarme.
Le Vanuatu a installé un poste de douane permanent sur les îlots Matthew et Hunter, avec un drapeau national de huit mètres de haut planté au sommet du cratère de Matthew. Une garnison de douze douaniers, équipés de jumelles et de tampons humides, y contrôle désormais les allées et venues des frégates et des tortues marines.
« Nous avons attendu quarante-cinq ans, a déclaré le chef de la mission, le colonel Samuel Tari. Nos agents ont reçu une formation accélérée de trois semaines à Port-Vila, avec un module spécifique sur la fouille des nids d’oiseaux. » Le poste, construit en bois de niaouli et en tôle ondulée, dispose d'une réserve de riz, de conserves de poisson et de deux cents litres d'eau douce, acheminés par bateau chaque mois.
La France a répondu en dépêchant un gendarme de Nouméa, le maréchal-des-logis-chef Dupont, qui a installé son hamac à deux cents mètres du poste vanuatais. « Je suis là pour rappeler que ces îles sont françaises, a-t-il expliqué. Mon drapeau est plus petit, mais il est plus ancien. » Les deux camps organisent chaque matin une cérémonie de lever des couleurs, séparée par une ligne de cailloux blancs que personne ne franchit.
Le Vanuatu prévoit d'ouvrir un bureau de poste et une école primaire sur Hunter d'ici la fin de l'année, tandis que Paris étudie l'envoi d'un second gendarme et d'un coq gaulois en cage. Les douaniers vanuatais ont déjà délivré trois permis de pêche à des bateaux de croisière, que la France conteste par voie de note verbale. Le colonel Tari reste confiant : « Nous avons le temps, et nous avons le riz. »
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