Libération des journalistes : le Togo exige désormais un laissez-passer signé par chaque village traversé
Après la libération des deux journalistes français, Lomé instaure un contrôle de sortie si méticuleux que les reporters doivent obtenir l'aval de chaque localité rencontrée sur la route de l'aéroport.
Les deux journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, enfin autorisés à quitter le Togo, ont dû parcourir les 200 kilomètres séparant leur lieu de détention de l'aéroport de Lomé munis d'un laissez-passer renouvelé à chaque intersection, a annoncé le ministère de l'Intérieur togolais.
Le document, tamponné par 47 comités de vigilance successifs, ne pouvait être validé que par un agent assermenté posté à moins de cinq mètres du panneau indicateur suivant. « Nous avons pensé que c'était une manière élégante de prolonger la procédure tout en respectant la liberté de circulation », a expliqué le colonel chargé des migrations, visiblement satisfait de son dispositif.
Les reporters, qui tournaient un épisode des Routes de l'impossible, ont dû attendre trois heures devant chaque barrage le temps que les vérifications soient transmises par talkie-walkie au ministère. Leur collaborateur togolais Fred Vedomey, libéré dans la même journée, a été reconduit à son domicile par un cortège de quatre véhicules officiels afin de s'assurer qu'il ne tentait pas de rejoindre ses collègues.
À l'aéroport, les deux Français ont été invités à composer eux-mêmes le numéro de leur vol sur un tableau d'affichage géant, sous la surveillance d'un fonctionnaire muni d'un chronomètre. « Nous avons voulu leur laisser un souvenir inoubliable de notre hospitalité », a précisé le porte-parole du gouvernement, avant d'ajouter que les formalités de sortie dureraient désormais quarante-huit heures pour tout visiteur muni d'une caméra.
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