Liberté provisoire des deux journalistes : le Togo exige désormais un drone d'excuse grandeur nature
Les deux journalistes français libérés provisoirement au Togo doivent désormais fournir un drone de 14 mètres d'envergure en bois d'iroko pour présenter leurs excuses au ciel du nord du pays.
Les deux réalisateurs français et leur collaborateur togolais, libérés provisoirement mercredi après deux mois de détention, ont immédiatement été soumis à une nouvelle obligation : fabriquer un drone de réconciliation de 14 mètres d'envergure, en bois d'iroko massif, à faire voler au-dessus de la région de Kpendjal où ils avaient utilisé leur appareil sans autorisation.
Le ministre togolais de la Souveraineté aérienne, chargé du dossier, a précisé que l'engin, baptisé « Pigeon de la repentance », devra être assemblé sur la place publique de Dapaong par les trois hommes, sous la supervision de 40 artisans menuisiers réquisitionnés pour l'occasion. « Il ne s'agit pas d'une punition, mais d'une pédagogie par l'objet, a déclaré le ministre. Nos cieux méritent des excuses proportionnées à l'affront subi. »
Le cahier des charges, validé par le ministère de l'Environnement, impose une voilure fixe recouverte de toile de coton tissée localement et un moteur thermique de 250 chevaux, capable de maintenir l'appareil en vol stationnaire pendant trois heures au-dessus du poste de contrôle où les journalistes avaient été interpellés le 27 juillet. Les autorités ont également exigé que le drone largue, lors de son vol inaugural prévu samedi, 2 000 tracts calligraphiés à la main par des écoliers de la région, présentant des excuses rédigées en français, en éwé et en kabiyé.
Reporters sans frontières, qui avait salué la libération provisoire comme « un soulagement », a indiqué suivre « avec attention » la construction de l'engin. L'ONG a toutefois fait savoir qu'elle n'avait pas encore reçu de réponse à sa demande de voir le drone équipé d'un enregistreur vocal diffusant les excuses en boucle pendant le vol. Les trois hommes, qui n'ont pas le droit de quitter le territoire, ont commencé l'abattage des arbres lundi matin.
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