Washington ouvre un service de réexpédition des expulsés vers n'importe quel pays tiers, avec option aller simple
L'administration Trump a transformé l'expulsion en un service de livraison mondial : plus de 25 000 personnes ont été envoyées vers des pays tiers, parfois sans lien avec elles, et l'ICE promet désormais un acheminement en moins de six jours.
L'administration Trump a inauguré un service de réexpédition des étrangers expulsés vers des pays tiers, avec pour objectif affiché de traiter chaque dossier en moins de six jours, a annoncé l'ICE mardi. Le programme, baptisé « Destination finale », s'appuie sur une trentaine de pays partenaires, dont une dizaine en Afrique, qui acceptent d'accueillir des personnes n'ayant souvent aucun lien avec leur territoire.
Selon un responsable de l'agence, les convois partent désormais trois fois par semaine depuis un tarmac réservé de l'aéroport de Houston. « Nous avons rationalisé la logistique. Un expulsé peut désormais transiter par trois continents avant d'atteindre son point de chute. C'est plus rapide et plus dissuasif », a-t-il expliqué, précisant que des agents ont été formés à la gestion des correspondances en zone de transit.
Des pays comme l'Eswatini, la RDC ou le Ghana ont vu arriver des Vietnamiens, des Colombiens et des Guinéens, parfois sans statut ni perspective. Un diplomate africain résume : « On nous livre des gens comme on livre des colis. Sauf qu'un colis, au moins, on sait ce qu'il contient. »
L'ICE envisage maintenant d'ouvrir des comptoirs de réexpédition dans les aéroports partenaires, avec un guichet unique pour les pays qui souhaiteraient renvoyer à leur tour ces personnes vers un quatrième pays. « Nous ne faisons que fluidifier la chaîne », assure l'agence.
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