Congrès des départements : la ministre refuse de fermer sa gueule et installe un stand de hurlement à Reims
Au congrès des départements à Reims, Françoise Gatel a transformé l'absence de Lecornu en un dispositif permanent de cri public, obligeant les élus à s'exprimer à 130 décibels.
REIMS — La ministre chargée de la Décentralisation, Françoise Gatel, a inauguré vendredi au congrès des départements un stand de hurlement officiel, où chaque élu mécontent doit désormais formuler ses griefs à 130 décibels, sous peine de voir sa délégation privée de subvention.
L'absence du Premier ministre, vécue comme un mépris, a déclenché un exode massif : la majorité de la salle a quitté l'hémicycle pour le hall, où une Marseillaise a été entonnée à l'arrivée de la ministre. Celle-ci a répliqué en installant un pupitre à hauteur variable, obligeant les présidents de département à crier leur budget dans un micro directionnel.
« Je ne démissionne pas et je ne ferme pas ma gueule », a déclaré la ministre, avant d'annoncer le passage de 300 à 400 millions d'euros de CSG affectés aux départements, à condition que chaque bénéficiaire pousse un cri audible depuis Matignon. Un haut-parleur géant a été installé sur la façade de l'hôtel de ville pour diffuser les réclamations en continu.
François Sauvadet, président de l'Assemblée des départements de France, a exigé un « petit coup de fil » plutôt qu'une « missive ». La ministre a répondu en faisant installer une ligne téléphonique unique où les élus doivent hurler leur numéro de département pour être mis en relation avec un répondeur.
À l'issue du congrès, les présidents ont annoncé qu'ils se rendraient à Matignon mi-novembre, munis de porte-voix fournis par l'État. La préfecture a précisé que le silence serait désormais considéré comme une démission.
3