Couvre-feux : Lecornu ordonne aux préfets de les déclencher un par un, à la main, jusqu'au dernier hameau
Le Premier ministre a demandé aux préfets de « déclencher un certain nombre de couvre-feux » : chaque département devra désormais actionner le sien manuellement, commune par commune, sous la supervision d'un inspecteur du ministère de l'Intérieur.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets de « déclencher un certain nombre de couvre-feux », et le mot « déclencher » a été pris au pied de la lettre : chaque préfecture s'est vu livrer un levier métallique, installé dans le hall, que le préfet doit abaisser lui-même à la tombée de la nuit, commune par commune, en commençant par la plus petite.
À Marseille, où les rassemblements sont interdits de midi à vingt heures, le préfet a dû actionner le levier pour chaque quartier séparément, soit une tournée de sept heures par jour, chronomètre en main, sous les applaudissements d'une équipe de la préfecture venue en renfort. « Nous avons demandé aux agents de ne pas applaudir trop fort, pour ne pas couvrir le cliquetis », précise un cadre de la préfecture, qui assure que le dispositif sera étendu aux hameaux dès la semaine prochaine.
Laurent Nuñez, dont la démission a été refusée, a annoncé la création d'un corps d'inspecteurs des couvre-feux, chargés de vérifier que chaque levier a bien été abaissé à l'heure exacte. Les préfets récalcitrants devront recommencer leur tournée à pied, de nuit, avec un gilet réfléchissant fourni par le ministère. Un premier inspecteur a déjà parcouru trois départements en une nuit pour vérifier les leviers un par un.
La coordination des Gilets jaunes a annoncé un « acte II » pour samedi prochain ; les préfectures ont répondu en installant un second levier, plus grand, pour les jours de forte affluence.
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