Face aux « gilets jaunes », Lecornu fait construire un couvre-feu grandeur nature à l'École militaire
Pour préparer l'« acte II » de samedi, le gouvernement a fait bâtir une réplique de quartier entier où les préfets s'entraînent à décréter des couvre-feux localisés, pendant que des militaires Sentinelle répètent leur déploiement dans les rues.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a inauguré mercredi soir, dans la cour d'honneur de l'École militaire, une réplique grandeur nature d'un quartier de centre-ville destinée à entraîner les préfets à décréter des couvre-feux localisés avant l'« acte II » de samedi. Le site, baptisé « dispositif 6 heures », comprend une place, deux rues commerçantes et une station de métro factices, où des comédiens jouent les passants jusqu'à l'heure fatidique.
Chaque soir, les préfets de région s'y relaient pour s'exercer à publier leurs arrêtés le plus tard possible : la préfecture de police de Paris a ainsi chronométré mardi une annonce à dix-neuf heures cinquante-huit, record de la semaine. « L'objectif est que personne n'ait le temps de contester quoi que ce soit avant que le couvre-feu soit levé », a expliqué un haut fonctionnaire, très calme, en ajustant son gilet réfléchissant.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a profité de la visite pour annoncer que des militaires de l'opération Sentinelle participeraient désormais aux exercices, en tenue, avec pour mission de vérifier que les rues factices restent vides. Un gradé a précisé que ses hommes s'entraînaient à marcher au pas dans les ruelles en carton-pâte sans rien casser, « ce qui demande plus de discipline qu'on ne le croit ».
À droite, Bruno Retailleau et Gérard Larcher réclament déjà l'extension du simulateur à l'ensemble du territoire, avec un état d'urgence grandeur nature. La Ligue des droits de l'Homme a demandé à visiter le site ; on lui a répondu que la nasse d'entraînement n'avait pas encore de point de sortie.
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