Le parquet de Marseille installe un péage d'inéligibilité à l'entrée de l'Assemblée, Sébastien Delogu prié de faire demi-tour
Le parquet de Marseille ne s'est pas contenté de requérir cinq ans d'inéligibilité contre Sébastien Delogu : il a fait installer un portique de contrôle à l'entrée du Palais-Bourbon, où chaque député doit désormais présenter son casier avant de siéger.
Le parquet de Marseille a fait installer un portique de contrôle à l'entrée du Palais-Bourbon, où chaque député doit désormais présenter son casier judiciaire avant de franchir le tourniquet. Sébastien Delogu s'y est présenté mercredi matin et s'est vu refuser le passage au motif que son inéligibilité de cinq ans, requise la veille, s'applique « à titre conservatoire et par précaution », selon le procureur.
Le dispositif, baptisé « sas de probité », occupe trois huissiers et un agent de sécurité postés en permanence. Les élus doivent y déposer leur téléphone, leurs chaussures et leur carte de député, puis attendre qu'un écran affiche en vert leur aptitude à légiférer. Ceux dont le dossier est en cours d'examen sont invités à patienter dans un couloir aménagé, où des fauteuils ont été installés face à un mur blanc.
La mesure a été étendue à tous les groupes parlementaires, qui ont dû réorganiser leurs réunions en fonction des créneaux de passage. Un député de la majorité a expliqué sans sourciller que son groupe se réunissait désormais à six heures du matin pour éviter la file d'attente, et qu'il avait fait installer un second portique dans son bureau pour gagner du temps. Le personnel de l'Assemblée a reçu pour consigne de vérifier les casiers deux fois par jour, y compris le dimanche.
Le parquet de Marseille a précisé que le portique resterait en place jusqu'à la décision définitive, et qu'il envisageait d'en ouvrir un second à l'entrée du Sénat « par symétrie institutionnelle ». Sébastien Delogu, lui, a été aperçu dans le couloir d'attente, assis face au mur blanc, une carte de député posée sur les genoux.
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