Le RN remplace ses 30 000 opposants par un escadron de 3 000 gendarmes qui voteront à leur place
Pour éviter tout débordement à Orléans, le Rassemblement national a obtenu que les forces de l'ordre occupent les gradins réservés aux manifestants et expriment leur désaccord par procuration, sous serment.
Le Rassemblement national a annoncé que les 3 000 policiers et gendarmes déployés au Zénith d'Orléans ne se contenteraient pas de contenir les 30 000 opposants attendus : ils voteront à leur place, à main levée, depuis les gradins, sous la supervision d'un huissier en uniforme.
« Nous avons préféré la méthode douce, a déclaré Jordan Bardella devant un parterre de militants assis en rangs d'officiers. Chaque gendarme exprimera le désaccord d'un manifestant absent, avec la même conviction, et nous compterons les mains levées deux fois pour être sûrs. » Le dispositif prévoit que les forces de l'ordre scandent les slogans hostiles au parti en alternance avec les discours officiels, afin que le congrès conserve son « équilibre démocratique ».
Marine Le Pen a salué une « démonstration de force inédite » et précisé que les CRS affectés au meeting du dimanche porteraient des pancartes de soutien retournées, pour ne pas froisser les sensibilités. La préfecture du Loiret a validé le protocole après avoir fait répéter les fonctionnaires dans un gymnase, où ils ont appris à huer en mesure et à brandir des banderoles sans les déchirer.
Selon le calendrier diffusé aux mairies, les 30 000 opposants seront priés de rester chez eux et de suivre la manifestation à la télévision, un dispositif présenté comme « le plus sûr jamais conçu pour la paix civile ». Le maire d'Orléans a demandé que l'on prévoie au moins un gradin où les gendarmes puissent applaudir, au cas où la consigne changerait en cours de week-end.
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