Le Sénat instaure une « minute de déférence » obligatoire avant chaque prise de parole
Pour marquer l'arrivée du premier groupe RN-UDR, la chambre haute a adopté un protocole inédit : chaque sénateur devra désormais saluer la tribune d'un geste codifié avant de parler.
Le Sénat a adopté mardi un nouveau règlement intérieur instaurant une « minute de déférence » obligatoire avant toute prise de parole. Concrètement, chaque sénateur devra se lever, s'incliner face à la tribune et décliner son nom, son groupe et son rang d'élection avant d'ouvrir la bouche. La mesure, présentée comme un simple ajustement protocolaire, s'applique dès la prochaine séance.
Le personnel de la chambre haute a été réorganisé en conséquence. Un service de chronométrage a été créé, doté de six agents munis de sifflets, chargés de couper la parole à quiconque dépasse les soixante secondes réglementaires. Les huissiers ont reçu une formation accélérée à la « gestuelle d'inclinaison », et un tapis rouge a été installé entre les bancs et la tribune pour fluidifier la circulation des orateurs.
« Nous voulions marquer le coup sans bouleverser les usages », a expliqué un vice-président de la chambre, qui a requis l'anonymat. « Le temps de parole est une ressource rare ; nous avons simplement décidé de le rationner comme il se doit. » Selon lui, les premiers essais ont montré une baisse de la durée moyenne des interventions, les sénateurs les plus bavards ayant été contraints de s'entraîner chez eux, chronomètre en main.
Les groupes ont dû revoir leurs plannings. Certains ont embauché des coachs vocaux, d'autres ont fait installer des pupitres inclinables dans leurs bureaux. Un sénateur nouvellement élu a confié avoir répété son salut d'ouverture pendant trois heures, avant de renoncer à poser une question au gouvernement. La séance de jeudi, consacrée à l'élection du président, s'annonce comme le premier test grandeur nature de ce dispositif.
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