Loi SRU : les maires récalcitrants contraints de démissionner en direct à la télévision
Le ministère du Logement instaure une cérémonie télévisée quotidienne où les maires hors-la-loi remettent leur écharpe en direct, pendant que les communes vertueuses paradent en uniforme.
Le ministère du Logement et de la Ville a instauré, à compter de ce lundi, une cérémonie télévisée quotidienne de démission forcée pour les maires n'ayant pas atteint les quotas de logements sociaux. Chaque soir à 20 h 05, sur une chaîne publique, un édile récalcitrant remet son écharpe tricolore à un huissier en direct, sous les applaudissements d'un public composé exclusivement de maires vertueux.
La première émission a vu le maire de Saint-Cloud s'exécuter en quarante secondes, chronomètre affiché à l'écran. « Nous avons prévu une file d'attente de dix-huit mois, précise-t-on au ministère. Les communes de Provence-Alpes-Côte d'Azur et d'Île-de-France fournissent à elles seules les trois quarts du programme. » Les maires de Nice et de Biarritz, dont les taux plafonnent à 14 % et 11 %, ont demandé un passage groupé pour « en finir plus vite ».
Les communes vertueuses ne sont pas en reste. Strasbourg, Nantes et Rennes ont été dotées d'un uniforme officiel — veste bleu horizon et badge « 25 % » cousu sur le cœur — qu'elles doivent porter lors de tout déplacement en mairie. Un maire rennais a été photographié en train de présider un mariage ainsi vêtu. « C'est une reconnaissance, explique-t-il. On nous applaudit dans la rue. »
Le dispositif doit s'étendre en janvier aux arrondissements parisiens, lyonnais et marseillais, avec un système de points attribués selon la vitesse de démission. Le ministère envisage déjà une tournée estivale dans le Var, où quarante-trois communes sur quarante-quatre sont concernées.
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