Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri exige que chaque ministre forme sa propre coalition avant de pouvoir entrer au gouvernement
La nouvelle cheffe du gouvernement marocain a instauré une règle inédite : chaque membre du futur cabinet doit constituer sa propre coalition gouvernementale avant de siéger. Les négociations s'annoncent interminables.
Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme nommée à la tête du gouvernement marocain, a annoncé mardi que chaque futur ministre devrait désormais former sa propre coalition gouvernementale avant de pouvoir siéger au Conseil des ministres. La mesure, présentée comme un « approfondissement démocratique sans précédent », s'applique dès la formation du cabinet en cours.
Concrètement, chaque ministre devra réunir au moins quatre partis d'accord sur son programme, présenter une majorité parlementaire propre à son portefeuille et désigner un vice-ministre issu d'une formation concurrente. Le ministère de la Santé négocie déjà avec trois groupes parlementaires sur la question des horaires d'ouverture des hôpitaux régionaux. Celui de l'Éducation en est à sa deuxième semaine de tractations pour un accord sur les programmes de mathématiques.
« Le travail commence dès aujourd'hui. Nous entamerons d'abord les consultations internes au sein de notre parti, avant de mener des concertations avec l'ensemble des formations politiques », a déclaré la cheffe du gouvernement, précisant que ces concertations se tiendraient désormais au niveau de chaque ministère, chaque semaine, sans exception.
À Marrakech, où elle conserve son poste de maire, la mairie a été réorganisée en conséquence : chaque adjoint doit maintenant constituer sa propre petite coalition d'élus avant de signer le moindre permis de construire. Les réunions municipales, qui duraient deux heures, s'étalent désormais sur trois jours.
Le palais royal n'a pas commenté la méthode, mais plusieurs partis ont déjà annoncé la création de cellules de négociation permanentes, dotées de salles et de secrétariats, pour faire face au calendrier. Un député a résumé la situation : « Nous n'avons pas encore de gouvernement, mais nous avons déjà des gouvernements en train de se former à l'intérieur du gouvernement. »
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