Pancartes lycéennes : le ministère de l'Intérieur impose un stage de 3 000 heures de calligraphie avant toute manifestation
Pour encadrer les slogans, le gouvernement exige désormais que chaque pancarte soit rédigée sous contrôle d'un fonctionnaire assermenté, après un stage intensif de calligraphie.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé ce mardi que toute pancarte brandie lors d'une manifestation devra être préalablement rédigée sous la dictée d'un fonctionnaire assermenté, à l'issue d'un stage de calligraphie de 3 000 heures dispensé dans les préfectures. Les lycéens qui bloquent leurs établissements depuis une semaine devront donc, avant de ressortir leurs feutres, valider un module « écriture lisible et non subversive ».
Concrètement, chaque participant devra se présenter à 5 heures du matin au guichet unique, muni d'un modèle de pancarte vierge fourni par l'administration. Un agent vérifiera la grammaire, la ponctuation et l'absence de rimes jugées trop entraînantes. Les slogans validés seront ensuite recopiés à la main par le manifestant, sous surveillance, avant d'être scellés dans une housse transparente estampillée. « Nous ne cherchons pas à interdire, nous cherchons à ce que les mots soient bien tracés », a expliqué un haut fonctionnaire, précisant que les contrevenants devront suivre un stage de rattrapage de 400 heures supplémentaires.
Dans les lycées, l'annonce a provoqué une ruée sur les papeteries. Des files d'attente de plusieurs centaines de mètres se forment devant les préfectures, où des élèves révisent leurs conjugaisons en attendant leur tour. Certains ont déjà pris l'habitude de venir avec leur propre règle et leur compas, espérant gagner du temps. Un proviseur de la région parisienne a même transformé deux salles de classe en ateliers de calligraphie, avec des pupitres inclinés et des plumes d'oie fournies par le rectorat.
La mesure doit entrer en vigueur dès la prochaine mobilisation. Les syndicats lycéens, eux, ont annoncé qu'ils se conformeraient aux nouvelles règles, mais qu'ils rédigeraient leurs pancartes en latin, langue que les fonctionnaires assermentés n'ont pas encore été formés à vérifier.
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