Pour échapper aux caméras, les manifestants du 17 octobre défilent en chemises psychédéliques calibrées sur chaque modèle d'IA
Des milliers de participants à la mobilisation du 17 octobre ont revêtu des vêtements anti-IA conçus pour faire disparaître leur silhouette des logiciels de vidéosurveillance algorithmique, transformant le cortège en défilé de motifs circulaires.
Les manifestants du 17 octobre ne brandissent plus seulement des banderoles : ils portent des chemises à motifs circulaires conçues pour que les logiciels de vidéosurveillance algorithmique cessent de les identifier comme humains. À Paris, place de la République, le cortège ressemblait à une collection de fripes psychédéliques, chaque motif ayant été testé en amont contre un modèle de détection.
L'artiste allemand Simon Weckert a poussé la méthode jusqu'à l'industrialisation : il a simulé chaque tee-shirt porté par une personne, l'a soumis à un algorithme open source, puis a fait varier rotation, recadrage et désaturation jusqu'à ce que le score de confiance de l'identification s'effondre. Il prévoit désormais une nouvelle collection à chaque mise à jour des modèles d'IA, comme d'autres sortent des maillots de football.
Des marques comme AntiAI, Yelopomelo et Cap_able fournissent ces vêtements à des prix variables, et des files d'attente se forment devant leurs points de vente à chaque annonce de déploiement de caméras. Le designer Geoffrey Dorne résume la doctrine officieuse du mouvement : « En manif, vous pouvez avoir une cagoule, si vous avez votre téléphone sur vous, vous êtes identifiable. » Les organisateurs recommandent donc de laisser l'appareil à la maison et de venir en chemise à cercles.
La préfecture de police a fait savoir qu'elle étudiait la mise à jour de ses logiciels avant le prochain rendez-vous, tandis que les fabricants promettent une riposte commerciale sous huit jours. Dans le cortège, un participant résumait la situation : « On ne cherche plus à être vus, on cherche à être mal vus par la machine. »
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