À Limoges, la mairie incendiée est reconstruite en trois jours par des manifestants qui réclament un beffroi plus haut
Après l'incendie de l'hôtel de ville lors de la mobilisation du 17 octobre, un collectif de manifestants a entrepris de rebâtir l'édifice sur place, en y ajoutant un beffroi de 80 mètres pour compenser la hausse du carburant.
Au lendemain de l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, un collectif de manifestants a installé un chantier sur les décombres et entrepris de reconstruire l'édifice à l'identique, en y ajoutant un beffroi de quatre-vingts mètres destiné, selon eux, à « compenser la hausse du carburant par une vue plongeante sur les stations-service ».
Les travaux ont débuté dès l'aube. Des lycéens de Figeac, venus en car, ont déchargé des palettes de parpaings tandis que des retraités, gilets jaunes sur le dos, montaient une grue de location payée par une cagnotte en ligne. « On reconstruit ce qu'ils ont brûlé, mais en plus haut, pour que tout le monde voie bien les prix à la pompe », a expliqué un porte-parole du collectif, précisant que le chantier serait ouvert jour et nuit et que chaque bénévole devrait signer une charte de bonne humeur.
La préfecture de Haute-Vienne a demandé l'arrêt immédiat des travaux, invoquant l'absence de permis de construire. Les manifestants ont répondu en déposant une demande officielle, rédigée sur une planche de coffrage, et en poursuivant le montage du beffroi. Selon le maire, Guillaume Guérin, la nouvelle tour dépasserait la cathédrale et « porterait atteinte au patrimoine ». Le collectif a rétorqué que le beffroi serait équipé d'un cadran solaire géant indiquant le prix du gazole en temps réel.
En fin de journée, la grue avait déjà hissé trois étages de parpaings et un panneau « Ici, on reconstruit » était visible depuis l'autoroute. Les autorités ont annoncé l'envoi d'huissiers, que les manifestants comptent accueillir avec un pot-au-feu.
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