À Toulouse, le tribunal ouvre un rayon « sweats volés » et fait défiler les prévenus en tenue de prisonnier dès la première audience
Pour juger les premiers pilleurs du 17 octobre, la justice toulousaine a installé un vestiaire pénitentiaire dans le hall du palais : chaque prévenu comparaît vêtu du sweat saisi, étiquette du magasin encore attachée, avant de repartir en détention immédiate.
Le tribunal correctionnel de Toulouse a inauguré mardi un dispositif inédit : un vestiaire pénitentiaire mobile installé dans le hall, où chaque prévenu du 17 octobre enfile le sweat volé avant de comparaître, étiquette du magasin encore attachée au col. Trois mois ferme ont été prononcés dès la première affaire, la taille du vêtement étant retenue comme circonstance aggravante.
La présidente a fait installer des portants dans la salle d'audience elle-même. « Nous voulions que le public voie l'objet du délit porté par son auteur, dans la continuité de la garde à vue », a-t-elle déclaré sans lever les yeux de son dossier. Les avocats ont demandé un délai pour contester la méthode ; le parquet a répondu en demandant leur placement en détention provisoire jusqu'à l'audience suivante.
Devant le palais, une file de prévenus en survêtements saisis s'allonge depuis l'aube, chacun tenant à la main l'étiquette du prix. La préfecture a fait savoir qu'un second vestiaire serait ouvert à Paris, puis dans toutes les juridictions où des pillages ont été signalés, avec un objectif affiché de quatre-vingt-quinze comparutions par jour avant la prochaine manifestation.
Les soutiens venus en nombre ont été refoulés faute de place, tandis qu'un prévenu de vingt et un ans demandait en vain à voir un avocat. « Le sweat est là, le dossier suivra », a tranché la présidente en enchaînant sur l'affaire suivante.
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