Benjamin Ball installe un péage militant à l'entrée de chaque manifestation et fait payer les passants en heures de garde à vue
Pour tenir jusqu'au 5 novembre, l'organisateur du 17 octobre transforme chaque cortège en service public à guichet : on n'entre plus dans une manif, on y est affecté après un examen physique.
Benjamin Ball, cofondateur du site, a ouvert ce matin à Paris le premier « bureau de convergence des colères » : un guichet de deux mètres sur trois, installé en travers du boulevard, où chaque manifestant doit désormais passer un examen d'endurance avant d'être autorisé à rejoindre le cortège. Les candidats y courent sur place pendant onze minutes, puis récitent de mémoire le trajet du 24 octobre. Ceux qui échouent sont affectés d'office à la logistique, c'est-à-dire au portage des banderoles.
Le dispositif s'étend déjà. À Lyon, à Marseille et à Limoges, des équipes de bénévoles en gilet fluo ont dressé les mêmes guichets à l'entrée des places, avec une file d'attente qui remonte sur quatre rues. « Nous ne recensons plus les manifestations, nous les délivrons », explique un responsable du bureau parisien, précisant que la contestation est désormais servie sur rendez-vous, du lundi au samedi, jusqu'au 5 novembre inclus.
La préfecture a demandé une réunion d'urgence ; le bureau a répondu en proposant un créneau le 24 octobre à l'aube, sous réserve que les fonctionnaires réussissent eux aussi l'examen d'endurance. À l'heure où nous écrivons, la file s'allonge encore et un deuxième guichet est en cours de montage, dos au trottoir, pour les réclamations.
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