Couvre-feu à Paris : les Halles et la République fermées, les préfets de Lyon, Lille et Nice réquisitionnent les réveils des mineurs
Pour appliquer les couvre-feux partiels annoncés après le week-end du 17 octobre, les préfectures de Paris, Lyon, Lille et Nice déploient un dispositif inédit : périmètres bouclés, sirènes à 23 heures et réveils confisqués aux mineurs pour les empêcher de sortir.
À Paris, les secteurs des Halles et de la place de la République sont désormais ceints de barrières métalliques installées dès 22 h 30, et quiconque s'y trouve après 23 heures est raccompagné à pied jusqu'au périphérique par des agents en gilet fluo qui comptent les sorties à voix haute. La préfecture de police a fait savoir que le dispositif serait « évalué chaque matin à l'aube, autour d'un café serré ».
À Lille et à Nice, l'interdiction de circulation ne visant que les mineurs, les préfectures ont fait installer des réveils mécaniques dans les halls d'immeubles : à 23 heures précises, tous les réveils sonnent en même temps, et chaque adolescent doit venir le débrancher en personne devant un agent assermenté. « Nous ne punissons personne, nous aidons simplement les familles à respecter l'heure », a expliqué un haut fonctionnaire du Nord, précisant que les réveils confisqués seraient restitués « quand la situation le permettra, sans doute au printemps ».
À Lyon, la préfecture a poussé la logique plus loin : les mineurs pris dans le périmètre interdit sont conduits à la gare, où un train spécial les ramène chez eux, avec un contrôleur qui vérifie à chaque arrêt qu'aucun ne s'est glissé dans les toilettes. Le dispositif mobilise des centaines d'agents, dont une équipe entière affectée au comptage des réveils rendus.
Le préfet de police de Paris a annoncé que les manifestations resteraient interdites de 20 heures à 6 heures dans les quartiers concernés, et que les sirènes municipales seraient désormais testées chaque soir à 22 h 55, « pour que chacun sache que le compte à rebours a commencé ».
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