Interdiction du portable au lycée : les proviseurs font enterrer les téléphones dans la cour selon un rituel précis
Pour appliquer la nouvelle règle, chaque établissement a dû inventer sa méthode. Au lycée Jean-Moulin de Roubaix, on a choisi la cérémonie funéraire.
Dès sept heures ce mardi, les 1 847 élèves du lycée Jean-Moulin de Roubaix ont défilé devant le portail pour remettre leur téléphone à une équipe de quatre agents assermentés, qui les a aussitôt déposés dans des cercueils de carton renforcé scellés à la cire. À onze heures, le proviseur, M. Delcourt, a procédé à l'inhumation collective des appareils dans un terrain vague attenant à l'établissement, loué pour l'occasion à la mairie pour une durée de trois ans.
« Nous avons choisi la sépulture définitive plutôt que la consigne, car elle offre une garantie absolue contre les tentations », a expliqué le proviseur devant les élèves rassemblés, qui ont observé une minute de silence. Les familles ont été invitées à se recueillir chaque premier dimanche du mois sur la parcelle, désormais clôturée et ornée d'une stèle portant l'inscription « Ici reposent 1 847 smartphones, victimes de la concentration ».
Le rituel a rapidement fait école. À Lille, le lycée Faidherbe a opté pour une crémation symbolique avec restitution des cendres dans des urnes miniatures, tandis qu'à Arras, on a creusé une fosse commune derrière le gymnase. Le ministère de l'Éducation nationale, qui n'avait prévu aucune procédure, a dépêché une mission d'inspection pour recenser ces pratiques. Un porte-parole a indiqué que la généralisation du dispositif funéraire serait étudiée pour la rentrée prochaine, avec un budget dédié à l'achat de terrains et de monuments commémoratifs dans chaque académie.
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