La Turquie déploie un « bouclier familial » : un policier devant chaque canapé du pays
Le gouvernement turc lance un plan de surveillance domestique permanente : un agent posté dans chaque foyer pour vérifier que la famille dite « traditionnelle » se comporte comme prévu. Les bars et associations LGBT+ sont fermés, leurs clients assignés à résidence sous la garde d'un fonctionnaire dédié.
Dans le cadre de la « Décennie de la famille » proclamée par Recep Tayyip Erdogan, le ministère de la Justice a annoncé le déploiement d'un policier ou d'un gendarme devant chaque canapé du pays. L'opération « Ma famille est en sécurité » ne se contente plus de descentes nocturnes : elle installe un fonctionnaire à demeure dans chaque salon, chargé de vérifier que les occupants regardent la télévision en couple hétérosexuel et procréent selon le calendrier officiel.
À Istanbul, les bars gays visés dimanche ont été transformés en centres d'enregistrement familial. Les clients interpellés ne sont plus relâchés : ils sont assignés à résidence sous la garde d'un agent dédié, qui note leurs conversations et corrige leur vocabulaire. « Nous ne faisons qu'appliquer la loi sur l'ordre social », a déclaré un responsable local. « Chaque foyer reçoit son agent. C'est une mesure de proximité. »
L'association Kaos GL, dont les locaux ont été perquisitionnés, indique que ses membres sont désormais logés dans des appartements-témoins où un policier dort sur le palier et vérifie les courses. Le ministère de l'Intérieur a précisé que les agents affectés à cette mission bénéficieront d'une prime de « stabilité familiale » et d'un abonnement gratuit aux chaînes de télévision d'État.
Selon un communiqué officiel, le dispositif sera étendu la semaine prochaine aux hammams, aux salles de concert et aux jardins publics, où des cabanes de surveillance sont déjà en construction. « Nous protégeons nos enfants, l'institution familiale et l'ordre social », a répété le ministre Akin Gürlek, sans préciser combien de fonctionnaires supplémentaires seront recrutés pour tenir le rythme des naissances exigé par le plan.
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