Pour l'« acte II », Marseille répète trois fois le couvre-feu avant de l'appliquer, par précaution
La préfecture des Bouches-du-Rhône a instauré un couvre-feu à Marseille, mais impose d'abord une répétition générale à blanc, transports compris, pour que chacun sache rentrer chez soi le jour venu.
La préfecture des Bouches-du-Rhône a ordonné que le couvre-feu marseillais du 24 octobre soit intégralement répété à blanc, trois fois de suite, les nuits précédentes, afin que la population sache exactement à quelle heure rentrer chez elle. Les transports en commun seront donc suspendus dès ce soir, puis demain, puis avant-hier, précise un communiqué lu à voix haute par un agent en uniforme posté devant chaque station.
« Nous ne pouvions pas décemment demander aux Marseillais de rester confinés sans qu'ils aient répété », a expliqué un haut fonctionnaire, précisant que la troisième répétition aurait lieu « pour vérifier que la deuxième s'était bien déroulée ». Les bus ont été garés en rang d'oignons sur le Vieux-Port, moteurs coupés, chauffeurs alignés devant les portes pour saluer la manœuvre.
Les manifestations étant interdites, un peloton de CRS a été détaché pour répéter l'interdiction : chaque matin, les agents se rassemblent place de la Joliette, déploient leurs barrières, puis les replient au son d'un sifflet, sous les applaudissements d'un public convoqué par haut-parleur. Le préfet a fait savoir que la répétition de l'interdiction serait elle-même répétée si la première manquait de solennité.
À Lyon, où la mesure s'applique aussi, la préfecture du Rhône a demandé à Marseille de lui prêter ses barrières, le temps que les siennes terminent leur propre entraînement. Les commerçants du centre-ville ont reçu pour consigne de baisser le rideau à chaque répétition, puis de le relever, puis de le baisser encore, jusqu'à ce que la gestuelle soit jugée crédible par un inspecteur assermenté.
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