Sécheresse : 81 300 Français contraints de se faire livrer leur eau par camion-citerne, un village entier déménage ses maisons autour du point de distribution
Face à la sécheresse record de septembre, des milliers de foyers réorganisent leur vie autour des camions-citernes, allant jusqu'à déplacer des bâtiments entiers pour rester à portée de tuyau.
Après un mois de septembre d'une sécheresse inédite, 81 300 Français ont été officiellement raccordés au réseau de camions-citernes, et certains villages ont entrepris de déplacer leurs maisons pour rester à portée de tuyau. À Saint-Genou, dans l'Indre, le conseil municipal a voté le déplacement de la salle des fêtes de 400 mètres, afin qu'elle se trouve à moins de trente pas du point de distribution quotidien.
« Nous avons calculé qu'un habitant met en moyenne onze minutes pour aller chercher son eau. En rapprochant les bâtiments, nous tombons à quatre minutes, ce qui libère du temps pour l'agriculture », a expliqué le maire, précisant que la mairie elle-même serait reconstruite sur le parking du camion-citerne. Les habitants ont commencé à démonter leurs volets pour les remonter autour du nouveau point d'eau, formant un hameau circulaire dont le centre est occupé par un tuyau de cinquante mètres.
Dans soixante-dix-huit départements, le niveau de crise reste en vigueur, et les préfectures ont instauré des tours de garde pour surveiller les citernes. À Nîmes, une école a déplacé ses salles de classe dans des conteneurs installés le long de la route empruntée par les camions, afin que les élèves puissent boire sans quitter la cour. Le rectorat a validé l'opération en la qualifiant de « pédagogie de l'hydratation ».
À terme, certaines communes envisagent de déplacer les cimetières pour que les visites aux défunts coïncident avec le passage du camion. « On ne peut pas demander aux gens de choisir entre boire et se recueillir », a déclaré un sous-préfet, qui a lui-même installé son bureau dans une remorque-citerne stationnée devant la sous-préfecture.
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