Vingt-deux avions européens contraints à une fouille intégrale à mains nues, les aéroports français adoptent la méthode
Face à la vague d'alertes à la bombe, la direction de l'aviation civile a décidé que chaque appareil visé serait désormais fouillé centimètre par centimètre par des agents disposant de leurs seules mains et d'une lampe de poche.
Les autorités aéroportuaires françaises ont décidé vendredi que tout appareil faisant l'objet d'une alerte à la bombe serait désormais inspecté dans son intégralité, à la main, par des équipes de déminage qui ont reçu l'ordre de vérifier chaque siège, chaque conduit et chaque bagage du compartiment de soute. Le protocole, baptisé « fouille de conviction », prévoit qu'aucun avion ne redécolle avant que son dernier boulon ait été contrôlé par un agent debout sur le tarmac.
Pour tenir ce rythme, le ministère des Transports a fait venir de Tours et de Lyon une centaine de techniciens supplémentaires, réquisitionnés pour trois semaines. Les équipes travaillent désormais en trois postes, avec des plannings affichés dans chaque hangar et une consigne unique : ne jamais se fier à un appareil dont le contrôle n'a pas été répété trois fois par deux personnes différentes. Sur le tarmac de Roissy, une file de tabourets pliants a été installée pour les agents en attente de leur tour.
Le directeur de la sûreté aérienne a défendu cette mesure devant la presse. « Nous ne pouvons pas dire à un passager que nous avons fouillé l'avion à moitié, a-t-il déclaré. Un avion est soit inspecté jusqu'au dernier rivet, soit il ne vole pas. » Les compagnies, déjà pénalisées par les retards, ont été priées de prévoir des correspondances de secours pour les vols dérivés vers Évreux et Nantes.
À l'échelle européenne, plusieurs pays ont déjà demandé à la France de partager sa méthode. Un responsable de la sécurité à Dublin a confirmé que les équipes d'un Airbus A320 en provenance de Rome avaient passé la nuit à compter les rangées de sièges, en attendant leur tour. Les enquêteurs, eux, ignorent toujours qui a envoyé les messages et pourquoi, mais le ministère assure que la fouille continuera « aussi longtemps qu'il faudra ».
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