Amazonie : la forêt désormais surveillée par une patrouille de cent mille gardes forestiers qui refusent de rentrer chez eux
Pour consolider la baisse de la déforestation, le gouvernement fédéral déploie des brigades qui ont fait de chaque lisière un poste de contrôle permanent.
Le ministère brésilien de l'Environnement a annoncé mardi que chaque lisière de l'Amazonie est désormais tenue par une brigade de contrôle en permanence, sous le commandement d'un officier qui a fait installer une cabane à chaque kilomètre de piste. Les agents, recrutés dans les villages voisins, ont reçu pour consigne de ne plus jamais quitter le poste, y compris le dimanche.
Selon le directeur de l'agence chargée du dispositif, la mesure répond à une exigence de constance : « Une forêt ne se protège pas par intermittence. Si le propriétaire sait que nous dormons, il arrête de déboiser. Si nous dormons aussi sur place, il ne sait plus à quelle heure nous revenons. » Les brigades ont donc obtenu des hamacs fixés aux arbres, et la première tournée d'inspection a été réalisée à pied, sans véhicule, pour éviter tout bruit.
Dans les municipalités du sud du Mato Grosso, les éleveurs ont été contraints de déplacer leurs troupeaux vers les zones déjà défrichées, le temps que les nouveaux postes soient en place. Un propriétaire de Sinop a fait savoir qu'il attendait que « l'État finisse de planter ses tentes », avant de reprendre son activité. Les écoles des environs ont adopté le même emploi du temps que les brigades, avec une pause à midi et une sieste obligatoire sous les branches.
Le ministère prévoit d'étendre le dispositif au Cerrado d'ici la fin de l'année. Une liste des postes à installer est déjà affichée dans les mairies, et le premier convoi de cabanes préfabriquées doit partir de Brasília lundi prochain.
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