Le Sénat fait porter à chaque député un bracelet GPS de mémoire pour retrouver les dates de prescription
Pour garantir que nul enfant ne soit jamais trop tard pour parler, le Sénat a décidé que chaque sénateur devrait désormais réciter de mémoire, à voix haute, l'âge exact de chaque victime connue de la République.
Le Sénat a adopté mercredi une résolution imposant à ses 348 membres de réciter, séance tenante, la date de naissance et le lieu de scolarisation de chaque enfant ayant un jour été victime de violences sexuelles en France. L'exercice, baptisé « heure de l'écoute », se tiendra désormais chaque mardi à 9 heures, avant la séance des questions au gouvernement.
La présidence de l'hémicycle a fait installer deux horloges géantes de quatre mètres de diamètre face aux travées, afin que chaque sénateur puisse vérifier qu'il ne dépasse pas le temps imparti de trois minutes. Les services techniques ont dû déménager le bureau de la questure au sous-sol pour libérer la surface nécessaire à un pupitre d'écoute pivotant.
Une commission ad hoc, composée de douze sénateurs tirés au sort, a été chargée de contrôler la récitation. Elle a reçu pour mission de vérifier chaque nom à partir des dossiers judiciaires transmis par les parquets, en les lisant à voix haute, à raison de quatre cent cinquante noms par heure. « Plus jamais un enfant ne devra attendre qu'un élu oublie son nom », a déclaré le président de la commission, sans préciser combien de temps durerait la liste.
Dans les couloirs, plusieurs collaborateurs affirment avoir été réaffectés à la mémorisation du calendrier scolaire départemental. Le ministère de l'Éducation a, de son côté, demandé à ses inspecteurs d'apprendre par cœur les effectifs de chaque école primaire de France, pour que la République puisse, selon son porte-parole, « savoir à tout moment où se trouve un enfant à écouter ».
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