Au Paraguay, le président Santiago Peña quitte son poste à pied, à 900 kilomètres de la capitale, pour rejoindre la frontière brésilienne
Le chef de l'État paraguayen a entrepris une marche de démission jusqu'à Foz do Iguaçu, à travers le Chaco et la forêt orientale, après la mise sous tutelle d'Ueno Bank.
Le président paraguayen Santiago Peña a entamé lundi une marche de démission qui doit le conduire à pied de la présidence, à Asunción, jusqu'au pont de la Amistad, à la frontière brésilienne, soit près de 330 kilomètres de route nationale. Le chef de l'État a annoncé qu'il ne remettrait sa démission qu'au point de passage, afin, a-t-il expliqué, que « chaque kilomètre pèse sur la décision ».
Le cortège présidentiel, composé de trois gardes du corps, d'un médecin de la présidence et d'une équipe de la Banque centrale chargée de suivre les dépôts, avance à une moyenne de vingt-deux kilomètres par jour. Le ministère des Travaux publics a dû aménager des haltes tous les quinze kilomètres, avec point d'eau, toilettes mobiles et réseau de téléphonie, et l'agence de tourisme de Caaguazú a ouvert un guichet pour les dons de chaussures de marche.
Dans la région de Ciudad del Este, les conseillers municipaux ont voté un arrêté imposant aux taxis de ne pas dépasser le président, et une école primaire a décidé de faire marcher ses élèves derrière son cortège pendant les vacances. Le gouverneur de Concepción a déclaré : « Nous ne reculerons pas devant la distance, et nous ne rattraperons pas le ministre des Finances, qui est parti en avance. »
Pendant ce temps, les 2,94 millions de clients d'Ueno Bank attendent toujours le dégel de leurs dépôts. Les guichets de la Banque centrale, eux, ont été convertis en points de contrôle pour les marcheurs, et la Chambre des députés examine un projet de loi imposant aux élus de suivre le même itinéraire chaque année, ce que l'opposition juge « déjà une exigence de l'exécutif ».
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