Manifestations : la police allemande ouvre une école de la sieste pour désamorcer les cortèges à Berlin
Pour éviter tout débordement, les forces de l'ordre allemandes ont adopté un programme de désescalade d'une rigueur inédite, jusqu'à la formation obligatoire de leurs agents à la conversation apaisée.
La police de Berlin a décidé de transformer chacun de ses agents en médiateur de rue. Depuis lundi, aucun policier affecté à un cortège ne peut plus intervenir sans avoir suivi un stage de quatorze heures consacré à l'écoute, à la reformulation et au partage de café avec les manifestants. Le dispositif concerne désormais l'ensemble des effectifs, y compris les unités de réserve, qui doivent produire un compte rendu de conversation à chaque fin de service.
Le directeur du commandement, Klaus Brenner, a présenté le programme devant la presse avec un calme qui tenait de la liturgie : « Notre culture de la manifestation est fortement pacifiée, et nous entendons qu'elle le reste. Un agent qui n'a pas discuté au moins trois fois avec un manifestant dans la journée n'a pas terminé sa mission. »
Concrètement, les cortèges sont désormais précédés d'un fourgon transformé en salon de discussion, équipé de chaises pliantes et d'une machine à café. Les policiers y accueillent les organisateurs, puis suivent la manifestation à allure réduite, au pas de promenade. Les capitaines ont reçu pour consigne de ne jamais dépasser le cortège, afin de ne pas paraître pressés.
Le dispositif s'étend à présent aux autres villes du Land, où des équipes de sociologues sont chargées de noter la qualité des échanges sur une échelle de un à sept. Un commissariat de Hambourg a déjà obtenu la note maximale après avoir organisé une dégustation de bretzels avec des militants écologistes, qui ont convenu de manifester plus tard dans la soirée.
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