Le ministère de la Santé impose à 4 millions de Français une marche quotidienne de 40 kilomètres jusqu'à leur pharmacie
Pour recevoir leur traitement contre l'obésité désormais disponible en comprimés, les patients devront parcourir à pied la distance qui les sépare de l'officine, selon une directive ministérielle entrée en vigueur ce lundi.
Le ministère de la Santé a fait savoir ce lundi que les patients souhaitant accéder au Wegovy, désormais commercialisé en comprimés, devront se rendre à leur pharmacie à pied, quelle que soit la distance les séparant de l'officine. La mesure, présentée comme une « initiative de mobilisation nationale », s'applique dès la première délivrance et ne prévoit aucune exemption.
Dans le département de la Lozère, où certaines communes sont éloignées de plus de trente kilomètres de la première pharmacie, les services préfectoraux ont dû réquisitionner une flotte de six cents podomètres homologués afin de vérifier le parcours de chaque ordonnance. Une agence régionale de contrôle a été créée à Mende pour y affecter quatre-vingts agents chargés de suivre les marcheurs sur des itinéraires balisés.
« Le comprimé est une avancée, il ne doit pas devenir une facilité », a déclaré la directrice générale de l'agence, Hélène Vautrin, lors d'un point presse. « Chaque patient doit faire la preuve de son effort par la route. Nous avons prévu des haltes de ravitaillement tous les cinq kilomètres, sous la supervision de la Croix-Rouge. »
Les pharmaciens, eux, ont été sommés d'ouvrir leur officine en continu pendant toute la durée de la marche, certains ayant dû installer des lits de camp dans leur arrière-boutique. La Fédération des pharmaciens d'officine a annoncé que ses adhérents commenceraient à facturer une « heure d'accueil à l'arrivée » au tarif réglementé. À Paris, le ministère prévoit d'étendre la mesure aux métros, qui seront désormais réservés aux personnes déjà en possession d'une ordonnance validée.
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