Le gouvernement transfère l'intégralité du lycée Jean-Moulin de Créteil au Sénat pour y recevoir les lycéens en session permanente
Pour répondre à la mobilisation lycéenne, le ministère de l'Éducation nationale a décidé de déménager un établissement entier dans l'hémicycle du Palais du Luxembourg, où les élèves siègent désormais en commission jusqu'à nouvel ordre.
Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé jeudi le transfert intégral du lycée Jean-Moulin de Créteil dans les locaux du Sénat, à Paris, afin de « donner un cadre à la parole lycéenne ». Les 1 380 élèves, leurs professeurs et leur proviseur ont emménagé dans le palais du Luxembourg dès vendredi matin, à bord de onze autocars réquisitionnés par la préfecture de police.
Le déménagement a nécessité la construction, en moins de quarante-huit heures, de trois cent vingt pupitres supplémentaires dans l'hémicycle, ainsi qu'un réfectoire provisoire installé dans la salle des fêtes. Les sénateurs ont été priés de siéger en fond de tribune pendant toute la durée de l'occupation. « Nous n'avons rien à retirer à cette colère, elle est légitime et elle mérite une tribune », a déclaré la directrice de cabinet de la ministre, debout devant un tableau noir installé sur le perron.
Depuis le transfert, la mobilisation a essaimé. Les lycées de Lille, Rennes et Marseille réclament à leur tour leur propre tour de l'hémicycle, et le ministère de l'Intérieur a commandé cinq cents chaises pliantes pour équiper les gymnases des préfectures. La rectrice de Créteil a elle-même été contrainte de suivre ses élèves en réunion de crise dans la salle de restauration, faute de place dans le bureau qui lui est attribué au Sénat.
Les cours de mathématiques ont été reportés sine die, remplacés par des débats de deux heures sur les mérites de la colère. Le gouvernement prévoit de reconduire le dispositif la semaine prochaine, avec un lycée supplémentaire installé à l'Assemblée nationale, au motif qu'« une seule tribune ne saurait suffire à une génération entière ».
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