Le ministre des Transports d'Espagne démissionne puis reprend son poste après avoir fait installer une voie ferrée de répétition dans son bureau
Óscar Puente a fait poser une réplique grandeur nature de la ligne accidentée au ministère, où les fonctionnaires doivent désormais s'entraîner chaque matin au freinage d'urgence.
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a fait installer mercredi au ministère une réplique grandeur nature du tronçon où deux trains à grande vitesse se sont percutés près de Tolède. Long de quarante-deux mètres, le faux rail traverse désormais le hall d'entrée, et les fonctionnaires doivent le parcourir à pied avant de rejoindre leur bureau.
Le ministre a justifié ce dispositif par un communiqué d'une sobriété remarquable : « Une démission ne suffit pas à comprendre une catastrophe. Il faut la rejouer, lentement, jusqu'à ce que chacun connaisse la distance exacte où un train ne peut plus s'arrêter. » Des cales en bois ont été posées sous chaque poste de travail afin de reproduire les vibrations du convoi, et une sirène d'alerte retentit toutes les vingt minutes.
La mesure a rapidement gagné d'autres administrations. Le ministère de l'Intérieur a commandé cinq répliques de la même ligne pour ses services de sécurité, tandis que l'office régional de Castille-La Manche a réclamé une version en miniature destinée aux écoles. Les agents chargés de l'aiguillage doivent désormais suivre un stage de freinage de six heures, dont l'examen final consiste à arrêter une locomotive de carton posée sur des roulettes à un mètre d'une cloison.
Interrogé sur sa démission annoncée mardi, M. Puente a précisé qu'elle était suspendue jusqu'à la fin de l'entraînement collectif, prévue dans trois semaines. « Je ne quitterai ce couloir que lorsque le dernier employé aura compris où commence le danger », a-t-il déclaré. Les députés de l'opposition ont demandé qu'un exemplaire de la ligne soit également installé au Parlement, où la plupart des élus ont déjà réservé leur première session de répétition.
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