Pékin ouvre une salle de cinéma réservée à un unique spectateur, chargé de subir la projection d'un long-métrage tourné sans aucun humain
Face à la désaffection du public pour les longs-métrages générés par intelligence artificielle, l'Administration chinoise de la culture impose une projection quotidienne obligatoire aux fonctionnaires des ministères.
Les autorités culturelles chinoises ont décidé que chaque fonctionnaire du ministère de la Culture et du Tourisme regarderait en entier, chaque jour ouvrable, un long-métrage entièrement réalisé par intelligence artificielle, sans acteur ni décor. La mesure, entrée en vigueur lundi, vise à relancer une fréquentation qui reste faible pour ce genre de production, alors même que les formats très courts générés par IA cartonnent sur les réseaux sociaux.
Le bâtiment de la rue Chang'an a été réaménagé en quelques jours : les bureaux ont été transformés en salles de projection équipées de fauteuils rouges, et les fonctionnaires doivent désormais badger à l'entrée de la séance du matin. « Nous n'avons pas acheté un seul ticket, mais nous avons acquis une habitude », a déclaré Zhou Mingyu, directeur adjoint du département de l'audiovisuel, devant les caméras de la télévision publique. « Le public viendra quand il verra que ses dirigeants s'y sont mis. »
Les fonctionnaires qui s'absentent doivent produire une critique écrite de trois pages, générée elle aussi par IA, avant de pouvoir reprendre leur poste. Les pauses déjeuner ont été supprimées au profit de sessions de rattrapage, et la cantine du ministère ne propose plus que du riz et des nouilles, pour éviter toute distraction pendant les scènes les plus longues.
Dans les couloirs, plusieurs agents affirment déjà avoir regardé le film une dizaine de fois, sans en retenir l'intrigue. Le ministère assure que la prochaine étape consistera à projeter le même film dans les écoles primaires de Pékin, dès la rentrée de septembre.
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