Sébastien Lapaque tenu de lire à voix haute chacun des 3 412 romans qu'il a jugés, devant l'Institut
Le lauréat du grand prix du roman de l'Académie française doit désormais réciter en public le jury complet de sa propre sélection, sous le regard des quarante immortels.
Sébastien Lapaque, lauréat du grand prix du roman de l'Académie française 2026, a entamé lundi une lecture publique de l'ensemble des ouvrages qu'il a examinés avant de se voir attribuer la distinction. La cérémonie, prévue initialement pour durer une demi-journée, se poursuit depuis trois jours sous la coupole, les membres de la compagnie ayant jugé qu'un lauréat devait « connaître la totalité du terrain qu'il a conquis ».
Selon le secrétariat perpétuel, le lauréat doit lire à voix haute chaque page des manuscrits reçus, soit plusieurs milliers de romans, dans l'ordre alphabétique des auteurs. Des tréteaux ont été installés dans la salle des séances, et un horaire affiché à l'entrée prévoit une pause déjeuner de quarante minutes, uniquement pour les romans policiers.
Plusieurs immortels ont suivi les premières heures de lecture depuis leurs fauteuils, en silence, un carnet sur les genoux. L'un d'eux a confié avoir « renoncé à la sieste pour la première fois depuis 1984 ». Le service de restauration de l'Institut a dû doubler ses commandes de thé pour tenir la cadence.
Le lauréat, qui n'a pas quitté le pupitre depuis lundi, a déclaré au Figaro : « Un jury qui a lu tout cela n'a pas le droit de me demander de le résumer. » La lecture doit s'achever à la fin de la semaine prochaine, date à laquelle la compagnie promet de remettre une copie du prix à chacun des auteurs cités.
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